Paroisse Saint Camille de Ouagadougou - Textes : 1 Jn 3,14.16.20 ; Jn 12,24-25
- Excellences,
- Chers prêtres, chers religieux (ses)
- Vous tous frères et sœurs en Christ et en humanité,
Que le Christ ressuscité répande sur vous sa paix.
C'est dans la foi et l'espérance et avec beaucoup d'émotion que je préside cette Eucharistie pour le repos en Dieu de notre bien-aimé Père André AMENDOLA. De communion avec la famille diocésaine, mais aussi avec vous tous ici présents, je voudrais d'abord présenter au supérieur provincial des religieux camilliens au Burkina Faso le Père Pierre YANOGO, au supérieur provincial de la province romaine le père MARZALDO Antonio, aux religieux camilliens et à la famille AMENDOLA, notre communion, notre espérance fondée sur le Christ et nos prières ferventes pour notre vaillant religieux et missionnaire père André AMENDOLA. ‘’Puisse le Seigneur lui ouvrir la porte de sa maison, l'entrée dans cette patrie où la mort n'existe plus où s'épanouit une joie éternelle.’’
Ensuite, à la lumière des textes choisis pour cette célébration que pouvons-nous retenir de la vie du Père André AMENDOLA ?
Saint-Jean dans la première lecture disait ceci :« voici comment nous avons reconnu l'amour : lui Jésus a donné sa vie pour nous nous aussi nous devons donner notre vie pour nos frères. » La vie du Père André AMENDOLA a été une vie donnée pour les autres.
Jésus dans l'évangile nous dit:« qui aime sa vie la perdra qui s'en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. » Le Père André AMENDOLA, s'est totalement détaché de sa famille, de son pays pour la mission camillienne au Burkina Faso. Tout comme le recommande la constitution des serviteurs des malades, le Père André a accepté ‘’mourir à toutes les choses du monde, parents, amis, biens et àlui-même et il a vécu uniquement pour Jésus Christ miséricordieux.’’ Comment ces passages relevés ont éclairé la vie du Père André ?ou encore, comment le Père André a mis en application ces passages ?nous retiendrons seulement trois points :
1) Il a vécu en pèlerin d'espérance
2) Il a incarné l'esprit de Saint-Camille
3) Il s'est donné tout à tous et jusqu'au bout
1. Il a vécu en pèlerin d'espérance
(Chant : Qui de nous trouvera un monde meilleur ?)
Frères et sœurs, la vie humaine est une marche , une marche dans laquelle nos années représentent des pas qui nous conduisent vers une fin, celui de notre existence. Quel serait ce but ? L’enseignement de l’Église est bien clair à ce sujet : « Dieu, infiniment Parfait et Bienheureux en lui-même, dans un dessein de pure bonté, a librement créé l’homme pour le faire participer à sa vie bienheureuse. » (CEC,1§1). Nous sommes en marche donc vers la Patrie Céleste pour participer à la vie bienheureuse de Dieu.
Pour celui qui marche, le but à atteindre représente la chose plus importante. Marcher sans but, c’est marcher en vagabond ;marcher avec un but précis, par contre, c’est marcher en pèlerin. Et plus la fin pour laquelle nous marchons est belle, plus beau est le pèlerinage. Le père André AMENDOLA qui nous rassemble ce matin est passé au milieu de nous comme un vrai pèlerin. De cela, il avait pleinement conscience. Un de ses chants préférés est précisément le chant Qui de nous trouvera un monde meilleur.Il était au milieu de nous, mais il vivait, pourrai-je dire pour le ciel. Sa vie révélait bien celui qu’il cherchait d’imiter, le Christ Jésus qui a fait le bien partout où il passait. Il l’incarnait si bien que beaucoup d’enfants et de grandes personnes voyaient en lui la personne de Jésus et n’hésitaient pas à l’appeler ainsi : « Père Jésus ».
2. Il a incarné l'esprit de Saint-Camille
Père André n’a pas fait de choses extraordinaires, mais il a vécu de manière extraordinaire les différents devoirs de sa vocation, de son état. Qui l’a connu peut attester sans difficulté qu’il fut un digne fils de saint Camille, un saint prêtre.
Camille rayonne dans l’Église par l’esprit de miséricorde qui le caractérise. Il a été reconnu comme l’initiateur d’une nouvelle école de charité. Père André a été très tôt gagné par cet esprit de miséricorde. Un incident aurait renforcé en lui son désir d’être prêtre : adolescent, il resta marqué par l’attitude d’un prêtre qui ne parvint pas à retenir sa colère devant un pénitent. Il trouva cela anormal et se résolut dès lors à devenir prêtre pour montrer le vrai visage du prêtre.
Avec sa plaie qui ne guérissait pas, il apparaissait à nos yeux comme un autre Camille au milieu de nous. Beaucoup de choses il les accomplissait dans la discrétion, préférant que l’honneur et la gloire soient rapportés à d’autres que lui. Merci pour ce bel exemple d’effacement et d’humilité. Parson dévouement au service OSCAM et par le ministère de l’accompagnement et de la réconciliation, ila changé la vie denombreuse de personnes. Certains d’entre eux qui évoluent à l’international n’ont pu s’empêcher de venir le trouver dès lors que l’occasion leur était donnée d’arriver au Faso (et parfois, il ne se rappelait même plus de ce qu’il a fait pour eux).
La « formule de vie »qui met en évidence l’intuition desaint Camille et trace le programme de l’Ordre, il l’a enseigné à des générations de camilliens dans le cours sur « l’esprit de Saint-Camille ». Cette formuledit : « Si quelqu’un, par l’inspiration du Seigneur Dieu veut exercer les œuvres corporelles et spirituelles de miséricorde selon notre Institut, qu’il sache qu’il doit être mort à toutes les choses du monde, parents, amis, biens, et à lui-même, et vivre uniquement pour Jésus-Christ sous le joug très suave de la perpétuelle pauvreté, chasteté, obéissance et du service des malades… »la vie de notre cher père André est un pur reflet de cette formule. Il a su conserver une grande liberté vis-à-vis des choses et des biens de ce monde en étant véritablement mort au monde et à lui-même. Il y réussissait parce que plein de Dieu.
À la fête patronale du père André, tout le monde était toujours embarrassé parce qu’on ne s’est pas ce qu’il faut lui offrir. Il savaitaussi souffrir en silence les incompréhensions vis-à-vis de certains de ces choix : le choix de ne pas rentrer en famille pour le décès de sa maman, le choix de ne plus retourner en Italie dès qu’il n’aurait plus de responsabilité qui l’oblige à le faire (si je ne me trompe, son dernier voyage auprès des siens date de 2003), l’invitation faite aux siens de ne pas se déplacer pour ses funérailles. Et pourtant ila une très belle famille. Pour y être personnellement passé plusieurs fois, je sais combien ilest aimé les siens. Les fruits de cet amour sont bien visibles dans les aides substantielles que reçoivent d’eux les œuvres camilliennes (l’OSCAM et le centre Padre Celestino en particulier). Il a même créé un jumelage entre la paroisse où résident son frère et sa famille et la paroisse saint Camille de Ouagadougou.
3. Il s'est donné à tous jusqu'au bout
Le père André s’est totalement donné pour les autres. Il a vécu non pas pour lui, mais pour les autres. Une disponibilité sans faille, beaucoup l’ont expérimenté dans le ministère de la confession. De partout des gens accourraient à saint Camille parce qu’ils étaient sûrs de trouver un prêtre pour leur confession. Il apartagé la vie des plus pauvres en vivant non seulement avec eux, mais aussi souvent comme eux. Il les a aimés non pas en paroles ni par des discours, mais par des actes et en vérité. Des maisons de formation à la paroisse en passant par l’aumônerie de la prison, il a pansé beaucoup de cœur et soigné beaucoup de blessures. Il a voulu reposer en cette terre du Burkina Faso qu’il a aimé et servi. Comme un grain enfoui en terre, nous sommes sûrs qu’il sera toujours une bénédiction pour cette terre et pour la Province Camillienne. Nous disons merci à ses parents qui n’ont pas fait d’objection pour que ton corps repose au milieu de nous au Burkina. Que le Seigneur continue de les bénir.
À la fête de saint André le 30 novembre 2023, après avoir remercié les uns et les autres (et sa communauté en particulier) pour ce qu’ils font pour lui, il leur disait : « Priez pour moi parce que je suis en route pour l’éternité ». Du 30 novembre 2023 au 30 avril 2025, cela a duré encore 17 mois, un nombre plein et symbolique. Daigne le Seigneur, père André, t’honorer en exauçant ce profond désir de ton cœur. Aussi, tes funérailles, nous les célébrons au jour mémorial du bienheureux Henri REBUSCHINI. En compagnie des saints et bienheureux de l’Ordre, priez pour que le Maître de la moisson envoie de nombreux et saints ouvriers dans sa vigne.
Que l’exemple que nous laisse le Père André AMENDOLA, stimule notre marche en pèlerin d’espérance, suscite en nous le don de soi pour les autres et nous aide à vivre avec fidélité la vocation que nous avons reçue du Seigneur. Que Dieu nous prenne en grâce et nous bénisse et que son visage s’illumine pour son serviteur, le père André AMENDOLA. (Chant va plus loin…)
+ Prosper KONTIEBO,
Archevêque métropolitain de Ouagadougou