SANS SOUTIEN SOCIAL ?

15ème dimanche du Temps Ordinaire – Année B

En ce temps-là, Jésus appela les Douze ; alors il commença à les envoyer en mission deux par deux. Il leur donnait autorité sur les esprits impurs,
et il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route, mais seulement un bâton ; pas de pain, pas de sac, pas de pièces de monnaie dans leur ceinture.
« Mettez des sandales, ne prenez pas de tunique de rechange. »
Il leur disait encore : « Quand vous avez trouvé l’hospitalité dans une maison, restez-y jusqu’à votre départ.
Si, dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez et secouez la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. »
Ils partirent, et proclamèrent qu’il fallait se convertir.
Ils expulsaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades, et les guérissaient. (Marc 6, 7-13)

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Comment l'Église pourrait-elle retrouver son prestige social et exercer à nouveau l'influence qu'elle avait dans notre société il y a seulement quelques années ? Sans peut-être l'avouer à haute voix, ils sont nombreux ceux qui ont la nostalgie de cette époque où l'Église pouvait proclamer son message à partir de tribunes privilégiées qui bénéficiaient de l'appui du pouvoir politique. 

Poussés par cette nostalgie, ils se posent des questions de ce genre : 

Ne devrions-nous pas nous efforcer de retrouver ce pouvoir perdu qui nous permettrait de faire une "propagande" religieuse et morale efficace, capable de vaincre d'autres idéologies et courants d'opinion qui gagnent du terrain parmi nous ?

Ne devrions-nous pas développer des structures religieuses plus puissantes, renforcer nos organisations et faire de l'Église une "entreprise plus compétitive et plus rentable" ? 

Il y a sans doute au cœur de cette préoccupation un désir sincère d'apporter l'Évangile aux hommes et aux femmes de notre temps, mais est-ce vraiment la voie à suivre ? Les paroles de Jésus, en envoyant ses disciples sans pain ni sac, sans argent ni tunique de rechange, insistent plutôt sur le fait de "marcher" pauvrement, avec liberté, légèreté et disponibilité totale. 

Ce qui est important, ce n'est pas un équipement qui nous donnerait la sécurité, mais la force même de l'Évangile vécu avec sincérité, car l'Évangile pénètre la société non pas tant par des moyens efficaces de propagande, mais à travers des témoins qui vivent fidèlement à la suite de Jésus-Christ. 

L'organisation et les structures sont nécessaires dans l'Église, mais seulement pour soutenir la vie évangélique des croyants. Une Église chargée d'un bagage excessif court le risque de devenir sédentaire et conservatrice. À long terme, elle sera plus soucieuse de subvenir à ses besoins que de marcher librement au service du royaume de Dieu.

Une Église plus dépourvue de droits, de privilèges et de pouvoir sociopolitique sera une Église plus libre et plus apte à offrir l'Évangile dans sa vérité la plus authentique.

Auteur : José Antonio Pagola
Traducteur : Carlos Orduna, csv

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