COMMUNAUTÉ D'AMITIÉ

5ème dimanche de Pâques – Année C

Au cours du dernier repas que Jésus prenait avec ses disciples, quand Judas fut sorti du cénacle, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui.
Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt.
Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Vous me chercherez, et, comme je l’ai dit aux Juifs : “Là où je vais, vous ne pouvez pas aller”, je vous le dis maintenant à vous aussi. »
Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres.
À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »  (Jn 13,31-33a.34-35)

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Jésus partage avec ses disciples les derniers moments avant de retourner au mystère du Père. Le récit de Jean rapporte soigneusement son testament : ce que Jésus veut laisser gravé à jamais dans leur cœur : « Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ».

L'évangéliste Jean concentre son attention sur la communauté chrétienne. Il ne pense pas aux personnes extérieures. Lorsque Jésus sera parti, les membres de sa communauté devront s'aimer comme des « amis », parce que c'est ainsi que Jésus les a voulus : « Vous êtes mes amis » ; « Je ne vous appelle plus serviteurs, je vous ai appelés amis ». La communauté de Jésus sera une communauté d'amitié.

Cette image de la communauté chrétienne comme « communauté d'amis » a été vite oubliée. Pendant de nombreux siècles, les chrétiens se sont vus comme une « famille » où certains sont des « pères » (le pape, les évêques, les prêtres, les abbés...), d'autres sont des « enfants » fidèles, et tous doivent vivre comme des « frères ».

Cette conception de la communauté chrétienne stimule la fraternité, mais elle comporte des risques. Dans la « famille chrétienne », on a tendance à mettre l'accent sur la place de chacun. On met l'accent sur ce qui nous différencie et non sur ce qui nous unit ; on accorde trop d'importance à l'autorité, à l'ordre, à l'unité et à la subordination. Cela risque de favoriser chez beaucoup la dépendance, l'infantilisme et l'irresponsabilité.

Une communauté fondée sur « l'amitié chrétienne » enrichirait et transformerait l'Église de Jésus aujourd'hui. L'amitié promeut ce qui nous unit, et non ce qui nous différencie. L'égalité, la réciprocité et le soutien mutuel sont cultivés entre amis. Personne n'est au-dessus des autres. Aucun ami n'est supérieur à un autre. Les différences sont respectées, mais la proximité et la relation sont cultivées.

Entre amis, il est plus facile de se sentir responsable et de collaborer. Et il n'est pas si difficile d'être ouvert aux étrangers et à ceux qui sont différents, à ceux qui ont besoin d'accueil et d'amitié. Il est difficile de quitter une communauté d'amis. Dans une communauté froide, routinière et indifférente, les gens s'en vont, et ceux qui restent le sentent à peine.

 

Auteur : José Antonio Pagola
Traducteur : Carlos Orduna, csv

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