LE MANQUE DE VÉRITÉ
8ème dimanche du Temps Ordinaire – Année C
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples en parabole : « Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ? Ne vont-ils pas tomber tous les deux dans un trou ?
Le disciple n’est pas au-dessus du maître ; mais une fois bien formé, chacun sera comme son maître.
Qu’as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ?
Comment peux-tu dire à ton frère : “Frère, laisse-moi enlever la paille qui est dans ton œil”, alors que toi-même ne vois pas la poutre qui est dans le tien ? Hypocrite ! Enlève d’abord la poutre de ton œil ; alors tu verras clair pour enlever la paille qui est dans l’œil de ton frère. »
Un bon arbre ne donne pas de fruit pourri ; jamais non plus un arbre qui pourrit ne donne de bon fruit.
Chaque arbre, en effet, se reconnaît à son fruit : on ne cueille pas des figues sur des épines ; on ne vendange pas non plus du raisin sur des ronces.
L’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon ; et l’homme mauvais tire le mal de son cœur qui est mauvais : car ce que dit la bouche, c’est ce qui déborde du cœur. (Lc 6,39-45)
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
La véracité a toujours été une préoccupation importante dans l'éducation. Nous le savons depuis notre enfance. Nos parents et nos éducateurs pouvaient « comprendre » toutes nos bêtises, mais ils nous demandaient d'être sincères. Ils voulaient nous faire comprendre que « dire la vérité » est très important.
Ils avaient raison. La vérité est l'un des piliers sur lesquels reposent la conscience morale et la coexistence. Sans vérité, il n'est pas possible de vivre dans la dignité. Sans vérité, il n'est pas possible de vivre ensemble de manière équitable. Les êtres humains ont le sentiment que l'une de leurs exigences les plus profondes a été trahie.
Aujourd'hui, toutes sortes d'outrages et d'abus sont fermement condamnés, mais les mensonges par lesquels on tente de les masquer ne sont pas toujours dénoncés avec la même énergie. Pourtant, l'injustice se nourrit toujours de mensonges. Ce n'est qu'en falsifiant la réalité qu'il a été possible par exemple, il y a quelques années, de mener une guerre aussi injuste que l'agression contre l'Irak.
Cela se produit souvent. Les groupes de pouvoir utilisent divers mécanismes pour orienter l'opinion publique et faire évoluer la société vers une certaine position. Mais ils le font souvent en cachant la vérité et en déformant les faits, de sorte que les gens en viennent à vivre avec une vision déformée de la réalité.
Les conséquences sont graves. Lorsque la vérité est cachée, les frontières du « bien » et du « mal » risquent de s'estomper. Il n'est plus possible de distinguer clairement ce qui est « juste » de ce qui est « injuste ». Les mensonges nous rendent aveugles aux abus. Nous sommes comme des « aveugles » qui essaient de guider d'autres « aveugles ».
Face à tant de déformations intéressées, il y a toujours des gens qui ont un regard lucide et qui voient la réalité telle qu'elle est. Ce sont eux qui sont attentifs à la souffrance des innocents. Ils sont porteurs de vérité au milieu de tant de mensonges. Ils mettent de la lumière au milieu de tant d'obscurité.
Auteur : José Antonio Pagola
Traducteur : Carlos Orduna, csv