EN DÉFENSE DE LA FEMME

27ème dimanche du Temps Ordinaire – Année B

Des pharisiens l’abordèrent et, pour le mettre à l’épreuve, ils lui demandaient : « Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? »
Jésus leur répondit : « Que vous a prescrit Moïse ? »
Ils lui dirent : « Moïse a permis de renvoyer sa femme à condition d’établir un acte de répudiation. »
Jésus répliqua : « C’est en raison de la dureté de vos cœurs qu’il a formulé pour vous cette règle.
Mais, au commencement de la création, Dieu les fit homme et femme.
À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère,
il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair.
Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! »
De retour à la maison, les disciples l’interrogeaient de nouveau sur cette question.
Il leur déclara : « Celui qui renvoie sa femme et en épouse une autre devient adultère envers elle.
Si une femme qui a renvoyé son mari en épouse un autre, elle devient adultère. »
Des gens présentaient à Jésus des enfants pour qu’il pose la main sur eux ; mais les disciples les écartèrent vivement.
Voyant cela, Jésus se fâcha et leur dit : « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent.
Amen, je vous le dis : celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas. »
Il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains. (Marc 10,2-16)

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Ce qui faisait le plus souffrir les femmes dans la Galilée des années trente du premier siècle, c'était leur totale soumission à l'homme dans la famille patriarcale. Le mari pouvait même les répudier à tout moment et les abandonner à leur sort. Ce droit était fondé, selon la tradition juive, sur rien de moins que la loi de Dieu.

Les maîtres de la Loi se disputaient sur les raisons qui pouvaient justifier la décision du mari. Selon les disciples de Shammaï, une femme ne pouvait être répudiée qu'en cas d'adultère ; selon Hillel, il suffisait que la femme ait fait quelque chose de "désagréable" aux yeux de son mari. Pendant que les hommes savants discutaient, les femmes ne pouvaient pas élever la voix pour défendre leurs droits. 

À un moment donné, la question est parvenue à Jésus :« Un homme peut-il répudier sa femme ? » Sa réponse a déconcerté tout le monde. Les femmes n'en revenaient pas. Selon Jésus, si le divorce est inscrit dans la loi, c'est à cause de la "dureté de cœur" des hommes et de leur mentalité machiste, mais le plan originel de Dieu n'était pas un mariage "patriarcal" dominé par les hommes.

Dieu a créé l'homme et la femme pour qu'ils soient "une seule chair". Les deux sont appelés à partager leur amour, leur intimité et toute leur vie, avec une égale dignité et en pleine communion. D'où le cri de Jésus : "Ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas", avec son attitude machiste.

Dieu veut une vie plus digne, plus sûre et plus stable pour les épouses soumises et maltraitées par les hommes dans les foyers de Galilée. Il ne peut pas bénir une structure qui engendre la supériorité de l'homme et l'assujettissement de la femme. Après Jésus, aucun chrétien ne peut légitimer au nom de l'Évangile quoi que ce soit qui encourage la discrimination, l'exclusion ou la soumission de la femme.

Dans le message de Jésus, il y a une prédication adressée exclusivement aux hommes pour qu'ils renoncent à leur "dureté de cœur" et qu'ils promeuvent des relations plus justes et plus égalitaires entre les hommes et les femmes. Où entend-on ce message aujourd’hui ? Quand l'Église appelle-t-elle les hommes à cette conversion ? Que faisons-nous, disciples de Jésus, pour réviser et changer des comportements, des habitudes, des coutumes et des lois qui vont clairement à l'encontre de la volonté originelle de Dieu lorsqu'Il a créé l'homme et la femme ?

Auteur : José Antonio Pagola
Traducteur : Carlos Orduna, csv

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