LA PEUR DE CROIRE

13ème dimanche du Temps Ordinaire – Année B

 

Ce jour-là, le soir venu, Jésus dit à ses disciples : « Passons sur l’autre rive. »
Quittant la foule, ils emmenèrent Jésus, comme il était, dans la barque, et d’autres barques l’accompagnaient.
Survient une violente tempête. Les vagues se jetaient sur la barque, si bien que déjà elle se remplissait.
Lui dormait sur le coussin à l’arrière. Les disciples le réveillent et lui disent : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? »
Réveillé, il menaça le vent et dit à la mer : « Silence, tais-toi ! » Le vent tomba, et il se fit un grand calme.
Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? »
Saisis d’une grande crainte, ils se disaient entre eux : « Qui est-il donc, celui-ci, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? » (Marc 4,35-41)

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Nous, les hommes, préférons presque toujours les choses faciles, et nous passons notre vie à essayer d'éviter les choses qui exigent un risque et un sacrifice réels. Nous reculons ou nous nous réfugions dans la passivité lorsque nous découvrons les exigences et les luttes que comporte une vie d'une certaine profondeur.

Nous avons peur de prendre notre vie au sérieux en assumant notre propre existence en toute responsabilité. Il est plus facile de "s'installer" et de "faire avec", sans oser affronter le sens ultime de notre vie quotidienne.

Combien d'hommes et de femmes vivent sans savoir comment, pourquoi et où ils vont. Ils sont là. La vie continue mais, pour l'instant,ils ne veulent être dérangés par personne. Ils sont occupés par leur travail, leur programme de télévision les attend le soir, leurs vacances sont déjà proches... Que chercher d'autre ?

Nous vivons des temps difficiles, et il faut bien se défendre d'une manière ou d'une autre. Ainsi, avec plus ou moins d'efforts, chacun d'entre nous cherche le tranquillisant qui lui convient le mieux, même si s'ouvre en lui un vide de plus en plus immense de manque de sens et de lâcheté pour vivre son existence dans toute sa profondeur.

C'est pourquoi ceux d'entre nous qui se disent volontiers croyants devraient écouter sincèrement les paroles de Jésus : "Pourquoi êtes-vous si lâches, vous n'avez pas encore la foi ? La lâcheté est peut-être notre plus grand péché contre la foi, la chose qui bloque le plus sérieusement notre accueil de l'Évangile. Disons-le franchement. Nous n'osons pas prendre au sérieux tout ce que l'Évangile signifie. Nous avons peur d'écouter les appels de Jésus.

Il s'agit souvent d'une lâcheté cachée, presque inconsciente. Quelqu'un a parlé de "l'hérésie déguisée" (Maurice Bellet) de ceux qui défendent le christianisme, même de manière agressive, mais qui ne s'ouvrent jamais aux exigences les plus fondamentales de l'Évangile.
Le christianisme risque alors de devenir un tranquillisant de plus. Un ensemble de choses à croire, à pratiquer et à défendre. Des choses qui, "à leur mesure", font du bien et nous aident à vivre.

Mais alors tout peut se déformer. On peut vivre sa "propre religion tranquillisante", pas très éloignée du paganisme vulgaire, qui se nourrit de confort, d'argent et de sexe, en évitant de mille manières le "danger suprême" de la rencontre avec le Dieu vivant de Jésus, qui nous appelle à la justice, à la fraternité et à la proximité avec les pauvres.

 

Auteur : José Antonio Pagola
Traducteur : Carlos Orduna, csv

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