BÉNIR
6ème dimanche de Pâques – Année C
En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi.
Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé.
Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes UN :
moi en eux, et toi en moi. Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé.
Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde.
Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu, et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé.
Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que moi aussi, je sois en eux. » (Jn 17, 20-26)
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Selon le récit évocateur de Luc, Jésus retourne auprès de son Père en « bénissant » ses disciples. C'est son dernier geste. Jésus laisse derrière lui sa bénédiction. Les disciples répondent au geste de Jésus en marchant vers le temple, pleins de joie. Et c'est là qu'ils « bénissent » Dieu.
La bénédiction est une pratique ancrée dans presque toutes les cultures comme le meilleur souhait que nous puissions susciter chez les autres. Le judaïsme, l'islam et le christianisme y ont toujours attaché une grande importance. Et même si, de nos jours, elle a été réduite à un rituel presque tombé en désuétude, nombreux sont ceux qui soulignent son contenu profond et la nécessité de la récupérer.
Bénir, c'est avant tout souhaiter du bien aux personnes que nous rencontrons sur notre chemin. Vouloir le bien sans condition et sans réserve. Vouloir la santé, le bien-être, la joie... tout ce qui peut les aider à vivre dignement. Plus nous désirons le bien pour tous, plus sa manifestation est possible.
Bénir, c'est apprendre à vivre à partir d'une attitude fondamentale d'amour de la vie et des personnes. Celui qui bénit vide son cœur d'autres attitudes malsaines telles que l'agressivité, la peur, l'hostilité ou l'indifférence. Il n'est pas possible de bénir et de vivre en même temps en condamnant, en rejetant, en haïssant les autres.
Bénir, c'est souhaiter le bien de quelqu'un du plus profond de notre être, même si nous ne sommes pas à l'origine de la bénédiction, mais seulement ses témoins et ses porteurs. Celui qui bénit ne fait qu'évoquer, souhaiter et demander la présence bienveillante du Créateur, source de tout bien. C'est pourquoi on ne peut bénir que dans une attitude de gratitude envers Dieu.
La bénédiction fait du bien à celui qui la reçoit et à celui qui la pratique. Celui qui bénit les autres se bénit lui-même. La bénédiction résonne en lui comme une prière silencieuse qui transforme son cœur, le rendant meilleur et plus noble. Personne ne peut se sentir bien dans sa peau tant qu'il continue à maudire les autres au plus profond de son être. Nous, disciples de Jésus, sommes porteurs et témoins de la bénédiction de Jésus pour le monde.
Auteur : José Antonio Pagola
Traducteur : Carlos Orduna, csv