AMI DE LA FEMME

5ème dimanche de carême – Année C

En ce temps-là, Jésus s’en alla au mont des Oliviers.
Dès l’aurore, il retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner.
Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en situation d’adultère. Ils la mettent au milieu,
et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère.
Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, que dis-tu ? »
Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus s’était baissé et, du doigt, il écrivait sur la terre.
Comme on persistait à l’interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. »
Il se baissa de nouveau et il écrivait sur la terre.
Eux, après avoir entendu cela, s’en allaient un par un, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu.
Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? »
Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »  (Jn 8, 1-11)

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Il est surprenant de voir Jésus entouré de tant de femmes : des amies proches comme Marie Madeleine ou les sœurs Marthe et Marie de Béthanie. Des disciples fidèles comme Salomé, mère d'une famille de pêcheurs. Des femmes malades, des prostituées de village... On n'a jamais dit d'un prophète quelque chose de pareil.

Qu'est-ce que les femmes trouvaient en lui et pourquoi les attirait-il à ce point ? La réponse donnée par les récits évangéliques est claire. Jésus les regarde avec des yeux différents. Il les traite avec une tendresse inconnue, il défend leur dignité, il les accueille comme disciples. Personne ne les avait jamais traités ainsi.

Les gens les considéraient comme une source d'impureté rituelle. Brisant les tabous et les préjugés, Jésus les aborde sans crainte, les accepte à sa table et se laisse même caresser par une prostituée reconnaissante.

La société les considérait comme une occasion et une source de péché ; dès l'enfance, les garçons étaient avertis de ne pas tomber dans leurs arts de séduction. Jésus souligne cependant la responsabilité des hommes : « Quiconque regarde une femme avec convoitise a déjà commis l'adultère dans son cœur ».

Sa réaction est compréhensible lorsqu'on lui présente une femme prise en flagrant délit d'adultère, avec l'intention de la lapider. Personne ne parle de l'homme. C'est ce qui s'est toujours passé dans cette société machiste. La femme est condamnée parce qu'elle a déshonoré la famille et l'homme est facilement excusé.

Jésus ne tolère pas cette hypocrisie sociale construite par la domination masculine. Avec une simplicité et un courage, admirables, il énonce la vérité, la justice et la compassion : « Que celui qui est sans péché lui jette la première pierre ». Les accusateurs se retirent, honteux. Ils savent qu'ils sont les premiers responsables des adultères commis dans cette société.

Jésus s'adresse à la femme humiliée avec tendresse et respect : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, poursuis ta vie et, « désormais, ne pèche plus ». Jésus lui fait confiance, lui souhaite bonne chance et l'encourage à ne pas pécher. Mais aucune condamnation ne sortira de ses lèvres.

Qui nous apprendra aujourd'hui à regarder les femmes avec les yeux de Jésus, qui introduira dans l'Église et la société la vérité, la justice et la défense des femmes à la manière de Jésus ?

 

Auteur : José Antonio Pagola
Traducteur : Carlos Orduna, csv

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