1. SALUTATIONS

Excellences,
Révérends Pères Supérieurs Majeurs,
Révérendes Sœurs des Différentes congrégations,
Chers prêtres, religieux et religieuses,
Chers frères et sœurs en Christ,
A tous les membres de l’UNESC,

« A vous tous, grâce et paix de la part de Dieu notre Père et de notre bien-aimé Seigneur Jésus-Christ » !

Aujourd’hui, en Église Famille diocésaine et en communion avec l’Union Nationale des Etablissements Secondaires Catholiques, nous célébrons dans la joie et l’action de grâce, le Jubilé d’or de la fondation de cette Union de solidarité entre les Etablissements Scolaires Catholiques au Burkina Faso. C’est un motif d’action de grâce au Seigneur pour son amour et sa fidélité sans cesse renouvelés à l’endroit des professeurs, des encadreurs et des élèves. Que le nom du Seigneur soit béni maintenant et pour les siècles !

Le jubilé dans l’Église est donc un temps de grâces et sa célébration marque toujours un nouveau départ, un renouveau de la vie chrétienne et ecclésiale manifestée par la conversion du cœur et un dynamisme nouveau dans la foi et la mission. 50 ans de grâce dans la formation et l’éducation intellectuelle, spirituelle et humaine des élèves. Félicitation à tous et à toutes (Un ban pour tous les professeurs), pour cette Union qui marque l’histoire et trace la route pour l’avenir de nos Etablissements catholiques. Un merci sincère à nos collaborateurs laïcs qui ont su consentir à un sacrifice noble pour le rayonnement de l’Education chrétienne.

2. APERÇU DE L’HISTORIQUE DE L’UNESC

Dans un contexte de crise scolaire, entre 1967 et 1969 l’Episcopat Voltaïque remettait la responsabilité de ses écoles à l’Etat à compter du 30 Septembre 1969. L’Enseignement Secondaire Catholique échappa à la nationalisation. Il dut sa survie à une nouvelle organisation dénommé UNEC (Union Nationale des établissements Catholiques).

Au début du mois de mai 1969, l’épiscopat se prononça officiellement, en des termes clairs, en faveur du maintien des Congrégations religieuses dans l’Enseignement. A l’issue de la crise de 1969, tous les établissements Secondaires Catholiques passèrent sous la direction des congrégations religieuses. Ce qui a favorisé cela, c’est sans doute le manque du personnel pédagogique de l’enseignement secondaire au niveau de l’Etat.

Le 25 Juillet 1969, dix-huit chefs d’établissements secondaires catholiques réunis en Assemblée Générale adoptèrent les statuts de l’UNEC et mirent en place un bureau exécutif dont le premier Président est le Frère SALVADOR directeur du Collège de TOUNOUMA à l’époque. La reconnaissance juridique intervint le 30 Octobre 1969. L’UNEC poursuivit sa structuration en instaurant un secrétariat administratif pour assurer la liaison et les démarches administratives. Du 16 au 20 Décembre 1996, le Secrétariat National de l’Enseignement Catholique (SNEC) est mis en place et l’UNEC pris une nouvelle dénomination UNESC (Union Nationale des établissements Secondaires Catholiques).

De nos jours, au Burkina Faso, l’Union Nationale des Établissements Secondaires Catholiques (UNESC) est constitué d’un important réseau scolaire de 82 établissements secondaires d’enseignement général et technique qui forment environ une famille de 40 000 élèves, de 2 800 encadreurs dont 1 600 prestataires et 1200 permanents. Ces établissements sont dirigés par dix-huit (18) laïcs, cinquante-neuf (59) religieux et religieuses, et cinq (5) prêtres diocésains.

3. LA PAROLE DE DIEU

La Parole de Dieu en ce jubilé d’or prolonge notre action de grâce et nous invite à deux attitudes : la première, savoir rendre compte à Dieu pour la mission assumée, et la seconde, savoir puiser notre force en Dieu pour un nouveau départ.

a. Savoir rendre grâce à Dieu

L’évangile de ce jour nous présente les disciples rentrant d’une campagne d’évangélisation. Envoyés en mission par le Christ, ils reviennent heureux, satisfaits du travail abattu, pour rendre compte au Maître. « Seigneur, même les esprits mauvais nous sont soumis en ton nom » (Lc 10, 17). Cet émerveillement des disciples est une expression de leur gratitude à Dieu qui en son Fils Jésus, leur a investis d’une mission si importante : travailler à la rédemption du monde. La participation des disciples à la mission du Christ qui est de sauver les hommes, ne peut subsister, si elle ne tire sa force du Christ lui-même, qui est l’origine et le terme de la mission. Les 72 disciples reconnaissent leur humanité ! Ils ne sont rien sans le Christ, et en reconnaissant cette fragilité, le Christ communie à leur joie, pour en faire une grande action de grâce à Dieu. Ainsi, chacun de vous est un missionnaire du Christ, et l’enseignement est une grande mission qui vous est assignée. Faites de votre service, une occasion de rendre grâce à Dieu pour ce qu’il vous permet d’accomplir chaque jour.

b. Savoir puiser sa force en Dieu pour un nouveau départ

L’entretien de Jésus avec ses disciples se termine par des paroles d’espérance. Tout ne s’achève pas à l’action de grâce ! La mission n’est pas terminée, parce le Christ leur insuffle un souffle nouveau, une nouvelle énergie pour continuer la mission.

« Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez », dit-il à ses disciples. Le Christ galvanise ses disciples en leur montrant qu’il est le fils de Dieu, le messie attendu, celui sur qui repose leur mission. C’est la force intérieure qu’il donne à ses disciples, son identité, la révélation de son identité messianique. C’est aussi une force pour chacun de nous, de savoir que nous ne travaillons pas pour rien. Notre vie, notre don total à l’enseignement et à l’éducation de la jeunesse estudiantine, le tout au nom du Fils de Dieu, Jésus. Sans ce nom, pourquoi nous sacrifier tant dans ce monde, pourquoi consacrer tant de temps à former des élèves et à annoncer Jésus Christ.

Demandons au Seigneur de fortifier tous ceux qui travaillent dans nos établissements Secondaires Catholiques, afin qu’en rendant grâce à Dieu pour 50 ans de labeur et de succès, ils reprennent le départ pour le jubilé des 75 ans avec plus de détermination.

4. INTERPELLATIONS

Au cœur de ce jubilé d’or, je voudrais formuler trois interpellations :

a. Interpellation à faire aux élèves, jubilaires de l’UNESC

A tous les élèves des 82 établissements Secondaires Catholiques du Burkina : Je voudrais aborder le point de la chasteté avec vous, parce qu’aujourd’hui nous constatons tous, la montée d’une civilisation dépravée et une culture du sexe très élaborée. Cela se remarque dans la façon de s’habiller autant chez les hommes que les femmes : des tendances à la nudité et à la séduction. Une télévision qui nous présente des vidéos osées. Le corps est devenu un objet de plaisir. La modernisation est en train d’empoisonner les mentalités avec des principes qui combattent la pureté et la chasteté, exposant de nombreux jeunes à une expérience précoce du sexe, des grossesses et des avortements. Cette civilisation débridée est en train de détruire profondément l’avenir des élèves. Un jeune responsable, est un jeune qui prépare son avenir et qui le travaille chaque jour. Aujourd’hui, l’Église Famille de Dieu au Burkina désire ardemment voir des élèves qui enseignent dans leur milieu de vie, dans leurs familles, dans leur club de jeunes, appelant les autres à la droiture, donnant eux-mêmes l’exemple par leur vie et leurs actes. C’est cela votre mission d’élèves : être parmi les autres, le Christ qui enseigne le droit chemin, et qui guérit les mauvais comportements par le bon exemple, la paresse par le travail. L’Église croit en vous, et en votre capacité de travailler pour réussir. Mes fils et filles, votre engagement pour Dieu, engagera Dieu pour vous, dans toutes vos entreprises, vos projets de vie et votre avenir. Dieu seul suffira pour votre bonheur.

b. Interpellation faite aux parents des élèves

J’exhorte les parents, premiers responsables de l’éducation des enfants à remplir pleinement cette tache chrétienne par le suivi régulier des enfants. Aucune école ne peut remplacer l’éducation parentale. Le 28 Octobre 1965, le Pape Paul VI dans sa Déclaration sur l’Éducation Chrétienne « Gravissimum Educationis », rappelait le rôle parental de l’éducation des enfants : « Les parents, parce qu’ils ont donné la vie à leurs enfants, ont la très grave obligation de les élever et, à ce titre, doivent être reconnus comme leurs premiers et principaux éducateurs. Le rôle éducatif des parents est d’une telle importance que, en cas de défaillance de leur part, il peut difficilement être suppléé. C’est aux parents, en effet, de créer une atmosphère familiale, animée par l’amour et le respect envers Dieu et les hommes, telle qu’elle favorise l’éducation totale, personnelle et sociale, de leurs enfants. La famille est donc la première école des vertus sociales nécessaires à toute société » (Gravissimum Educationis, 3). J’exhorte tous les parents à prendre à cœur leur rôle d’éducateur et de formateur, afin de faciliter la tâche des professeurs dans les écoles. Ne démissionnez pas de cette première mission auprès de nos enfants.

c. A tous les membres de l’UNESC : Repenser l’éducation de la jeunesse dans les milieux scolaires

En vous félicitant pour le travail accompli 50 ans durant, je vous envoie en mission au nom de notre Eglise Famille de Dieu au Burkina Faso. L’UNESC a besoin de renouveler ses engagements auprès de la jeunesse dans la pastorale éducative. Le Pape François dans son Exhortation Apostolique Post-synodale « Christus Vivit » se préoccupe de l’avenir de la jeunesse du monde entier. L’introduction qu’il lance constitue pour chacun de vous un cahier de charge pour la mission auprès des Jeunes - Je le cite : « Il vit, le Christ, notre espérance et il est la plus belle jeunesse de ce monde. Tout ce qu’il touche devient jeune, devient nouveau, se remplit de vie. Les premières paroles que je voudrais adresser à chacun des jeunes chrétiens sont donc : Il vit et il te veut vivant »! (Christus vivit, 1). Tout membre de l’UNESC doit réfléchir sur la façon de toucher la jeunesse, de l’accompagner vers un mûrissement humain. Notre contexte éducationnel, en à point douter, est miné par de nombreux maux : précarité des populations, corruption des mentalités due à la chosification du sexe, la pornographie, la prostitution – le banditisme, l’usage précoce de la drogue et des stupéfiants. Pourtant, l’avenir de la jeunesse réside dans le travail et l’accompagnement de cette jeunesse. Redonnons cette conscience à notre jeunesse, donnons leur de l’espoir, celui que le Christ a su rendre au monde, en ressuscitant d’entre les morts.

C’est dire que, tous les membres de l’UNESC, chacun selon son charisme spécifique, doivent conjuguer leurs efforts dans une rencontre adaptée avec la jeunesse. L’éducation catholique ne prendra jamais racine, si la graine n’est semée et entretenue par des formateurs et des professeurs qui ont un bon cœur, à la fois paternel et magistral. Cela nous extirpe de notre confort, pour des initiatives plus jeunes. Il va s’en dire que l’évangélisation dans nos établissements Secondaires Catholiques prend une dimension de proximité fraternelle et amicale, entre les professeurs et les élèves, pour une redécouverte du Christ dans la personne même de l’encadreur.

Bien aimés de Dieu, dans l’Action de grâce pour 50 ans de vie de l’UNESC, demandons au Seigneur de nous donner le gout de travailler dans l’éducation comme la famille de Nazareth, Joseph et Marie œuvrant main dans la main pour la formation humaine intégrale des élèves et de la jeunesse.

+ Philippe Cardinal OUEDRAOGO,
Archevêque Métropolitain de Ouagadougou

 

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