DIEU INCARNÉ

Sainte Marie, Mère de Dieu – Année C

En ce temps-là, les bergers se hâtèrent d’aller à Bethléem, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire.
Après avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant.
Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient de ce que leur racontaient les bergers.
Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur.
Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé.
Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l’enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception.  (Lc 2,16-21)

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Noël nous oblige à réviser les idées et les images que nous avons habituellement de Dieu, mais qui nous empêchent de découvrir son vrai visage. Dieu ne se laisse pas emprisonner dans nos schémas ni dans nos moules de pensée. Il ne suit pas forcement les chemins que nous lui traçons. Dieu est imprévisible.

Nous l'imaginons fort et puissant, majestueux et omnipotent, mais il s'offre à nous dans la fragilité d'un enfant faible, né dans la simplicité et la pauvreté absolues. Nous le plaçons presque toujours dans ce qui est extraordinaire, prodigieux et surprenant, mais il se présente à nous dans le quotidien, dans ce qui est normal et ordinaire. Nous l'imaginons grand et distant, alors qu'il est petit et proche de nous.

Non. Ce Dieu incarné dans l'enfant de Bethléem n'est pas celui que nous aurions attendu. Il n'est pas à la hauteur de ce que nous aurions imaginé. Ce Dieu peut nous décevoir. Et pourtant, n'est-ce pas précisément de ce Dieu proche de nous que nous avons besoin ? N'est-ce pas cette proximité de l'humain qui révèle le mieux le vrai mystère de Dieu ? N'est-ce pas dans la faiblesse de cet enfant que se révèle sa vraie grandeur ?

Noël nous rappelle que la présence de Dieu ne répond pas toujours à nos attentes, car il s'offre à nous là où nous l'attendons le moins. Certes, nous devons le chercher dans la prière et le silence, dans le dépassement de l'égoïsme, dans une vie fidèle et obéissante à sa volonté, mais Dieu peut s'offrir à nous quand il veut et comme il veut, même dans ce que la vie a de plus ordinaire et de plus banal.

Nous savons maintenant que nous pouvons le trouver dans toute personne vulnérable et fragile ayant besoin de notre accueil. Il peut être dans les larmes d'un enfant ou dans la solitude d'une personne âgée. C’est dans le visage de tout frère ou sœur que nous pouvons découvrir la présence de ce Dieu qui a voulu s'incarner dans ce qui est humain.

C'est-là la foi révolutionnaire de Noël ; le plus grand scandale du christianisme, exprimé de manière lapidaire par Paul : " Le Christ, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. (Philippiens 2, 6-7).

Le Dieu chrétien n'est pas un Dieu désincarné, distant et inaccessible. C'est un Dieu incarné et proche. Un Dieu que nous pouvons toucher d'une manière ou d'une autre chaque fois que nous touchons l'humain.

 

Auteur : José Antonio Pagola
Traducteur : Carlos Orduna, csv

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