AVEC PEU DE CHOSES

15ème dimanche du Temps Ordinaire – Année B

En ce temps-là, Jésus appela les Douze ; alors il commença à les envoyer en mission deux par deux. Il leur donnait autorité sur les esprits impurs,
et il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route, mais seulement un bâton ; pas de pain, pas de sac, pas de pièces de monnaie dans leur ceinture.
« Mettez des sandales, ne prenez pas de tunique de rechange. »
Il leur disait encore : « Quand vous avez trouvé l’hospitalité dans une maison, restez-y jusqu’à votre départ.
Si, dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez et secouez la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. »
Ils partirent, et proclamèrent qu’il fallait se convertir.
Ils expulsaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades, et les guérissaient. (Marc 6, 7-13)

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Qu'a-t-il bien pu se passer pour que nous nous soyons autant éloignés du projet initial de Jésus ? Où est-elle restée la tâche que le Maître nous avait confiée ? Qui continue d'écouter encore aujourd'hui ses recommandations ?

Peu de récits évangéliques nous révèlent mieux l'intention originelle de Jésus que celui-ci qui nous présente Jésus envoyant ses disciples deux par deux, sans sacoche, ni argent, ni tunique de rechange.

Il suffit d'un ami, d'une canne et d'une paire de sandales pour partir sur les chemins de la vie, annonçant à tous ce changement dont nous avons besoin pour découvrir le secret ultime de la vie et le chemin de la vraie libération.

Ne déformons pas à la légère la charge que Jésus nous a confiée. Ne pensons pas qu'il s'agit d'une utopie naïve, peut-être propre à une société semi-nomade aujourd’hui dépassée, mais impossible dans un monde comme le nôtre.

Il y a ici quelque chose que nous ne pouvons pas ignorer. L'évangile est annoncé par ceux qui savent vivre simplement. Des hommes et des femmes libres qui connaissent la joie de marcher dans la vie sans se sentir esclaves des choses. Ce ne sont pas les puissants, les financiers, les technocrates, les grands stratèges de la politique qui vont construire un monde plus humain.

Notre société doit découvrir qu'il nous faut revenir à une vie simple et sobre. Il ne suffit pas d'augmenter la production et d'atteindre un niveau de vie plus élevé. Il ne suffit pas de gagner toujours plus, d'acheter toujours plus de choses, de jouir d'un plus grand bien-être.

Cette société a plus que jamais besoin de l'impact d'hommes et de femmes sachant vivre avec peu de choses. Des croyants capables de montrer que le bonheur ne se trouve pas dans l'accumulation de biens. Des disciples de Jésus qui nous rappellent que nous ne sommes pas riches quand nous possédons beaucoup de choses, mais quand nous savons en profiter avec simplicité et les partager généreusement.

Ceux qui mènent une vie simple et vivent une solidarité généreuse sont ceux qui prêchent le mieux aujourd'hui la conversion dont notre société a le plus besoin.

Auteur : José Antonio Pagola
Traducteur : Carlos Orduna, csv

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