FAIRE CONFIANCE

12ème dimanche du Temps Ordinaire – Année B

Ce jour-là, le soir venu, Jésus dit à ses disciples : « Passons sur l’autre rive. »
Quittant la foule, ils emmenèrent Jésus, comme il était, dans la barque, et d’autres barques l’accompagnaient.
Survient une violente tempête. Les vagues se jetaient sur la barque, si bien que déjà elle se remplissait.
Lui dormait sur le coussin à l’arrière. Les disciples le réveillent et lui disent : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? »
Réveillé, il menaça le vent et dit à la mer : « Silence, tais-toi ! » Le vent tomba, et il se fit un grand calme.
Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? »
Saisis d’une grande crainte, ils se disaient entre eux : « Qui est-il donc, celui-ci, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? » (Marc 4,35-41)

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Aujourd'hui, on entend à peine parler de "la providence de Dieu". C'est un langage qui est tombé en désuétude ou qui est devenu une manière pieuse de considérer certains événements. Cependant, croire en l'amour providentiel de Dieu est une caractéristique fondamentale du chrétien.

Tout naît d'une conviction radicale. Dieu n'abandonne pas et ne néglige pas ceux qu'il crée, mais soutient leur vie avec un amour fidèle, vigilant et créateur. Nous ne sommes pas à la merci du hasard, du chaos ou de la fatalité. Dieu est au cœur de la réalité et conduit notre être vers le bien.

Cette foi ne nous libère pas des peines et des labeurs, mais elle enracine le croyant dans une confiance totale en Dieu, qui chasse la peur de tomber définitivement sous les forces du mal. Dieu est le Seigneur suprême de nos vies. D'où l'invitation de la première lettre de saint Pierre : " Déposez en Dieu tous vos fardeaux, car ce qui l'intéresse, c'est votre bien " (1 Pierre 5, 7).

Cela ne signifie pas que Dieu "intervient" dans notre vie comme le font d'autres personnes ou d'autres facteurs. La foi en la Providence est parfois tombée dans le discrédit précisément parce qu'elle a été comprise dans un sens interventionniste, comme si Dieu s'immisçait dans nos affaires, forçant les événements ou éliminant la liberté humaine. Ce n'est pas le cas. Dieu respecte totalement les décisions des personnes et le cours de l'histoire.

C'est pourquoi nous ne devrions pas dire, à proprement parler, que Dieu "guide" notre vie, mais plutôt qu'il offre sa grâce et sa force pour que nous puissions l'orienter et la guider vers notre bien. Ainsi, la présence providentielle de Dieu ne conduit pas à la passivité ou à l'inhibition, mais à l'initiative et à la créativité.

En outre, nous ne devons pas oublier que même si nous pouvons saisir des signes de l'amour providentiel de Dieu dans des expériences concrètes de notre vie, son action reste toujours insondable. Ce qui nous semble mauvais aujourd'hui peut être demain une source de bien. Nous sommes incapables d'embrasser la totalité de notre existence ; le sens final des choses nous échappe ; nous ne pouvons pas comprendre les événements dans leurs conséquences ultimes. Tout reste sous le signe de l'amour de Dieu, qui n'oublie aucune de ses créatures.

C'est dans cette perspective que la scène du lac de Tibériade acquiert toute sa profondeur. Au milieu de la tempête, les disciples voient Jésus dormir tranquillement dans la barque. De leur cœur plein de peur sort un cri : "Maître, cela ne te fait rien que nous soyons en train de couler ?" Jésus, après avoir transmis son propre calme à la mer et au vent, leur dit : "Pourquoi êtes-vous si lâches ? N'avez-vous toujours pas la foi ?

Auteur : José Antonio Pagola
Traducteur : Carlos Orduna, csv

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